Jonquel Jones n’est pas “Kevin Durant en fille”, elle est Jonquel Jones

“C’est la Michael Jordan de WNBA”. “Elle est un peu Dirk Nowitzki au féminin”. “C’est LeBron James en fille”… La recherche de comparaisons masculines pour parler des joueuses de basket, comme si c’était le seul moyen de valider leur talent, fait partie de ces petites choses agaçantes dans l’analyse et l’observation de la discipline. Jonquel Jones n’est pas la “Female Kevin Durant”, bien que ce soit en ces termes que sa propre équipe, le Connecticut Sun, a choisi de la décrire dans un tweet cette semaine.

En revanche, voir un crack du basket mondial, comme l’est justement “KD”, comparer de lui-même le jeu de la Bahaméenne et le sien, voilà qui a une toute autre portée. C’est ce qu’a fait l’ailier des Brooklyn Nets il y a quelques jours, après avoir assisté au All-Star Game WNBA à Las Vegas.

“Quand je pense aux joueuses que je préfère, Jonquel Jones est celle qui me vient le plus rapidement à l’esprit. Elle me fait penser à moi avec sa longueur et la manière dont elle shoote. Je suis un énorme fan d’elle”, a avoué Durant dans Insider.

Durant fait partie des nombreux joueurs NBA à aimer la W et à souhaiter l’empowerment du sport au féminin et de ses athlètes. Le double MVP des Finales ne se contente pas d’assister à des rencontres quand il en a le temps. Il se tient au courant et a suivi le conseil de Nneka Ogwumike, la présidente du syndicat des joueuses, qui réclamait que les hommes “joignent l’argent à la parole” pour prouver leur envie d’aider leurs consœurs. Kevin Durant est l’un des investisseurs du média Just Women’s Sports créé en mai et dont le nom explique bien la visée.

“Je prends du plaisir à regarder la WNBA. Je suis toutes les filles et j’essaye de rester à la page en regardant les matchs ou les boxscores autant que possible. Le basket est un sport incroyable, quelles que soient les personnes qui sont sur le terrain. L’interêt des gens pour le sport féminin doit clairement augmenter”, a poursuivi KD.

Puisqu’il faut comparer…

Puisque Kevin Durant a évoqué la comparaison de lui-même et que celle-ci a satisfait Jonquel Jones, on peut se pencher dessus. Physiquement, il y a évidemment cette impression que l’un(e) comme l’autre ont des skills de “petit” dans un corps de “grand”.

Sur le plan du shoot, leur timing et leur gestuelle sont drôlement similaires, même si Durant fait le geste d’accompagnement un peu plus longtemps. En termes de playmaking, Jones prend de plus en plus ses aises, en accord avec son coach Curt Miller, pour compenser l’absence d’Alyssa Thomas. Une démarche qu’a empruntée Kevin Durant au cours de sa carrière. Cette saison, on a vu Jonquel orchestrer bien plus souvent le jeu et monter le ballon à la manière d’un point forward comme “KD”, mais aussi d’une Candace Parker ou d’une Emma Meesseman, d’autres intérieures audacieuses et efficaces à la passe. L’internationale bosnienne est d’ailleurs en train de doubler sa moyenne d’assists par rapport à 2019, sa dernière saison active en WNBA.

Jones a une certaine appétence pour le rebond (un peu plus que Durant et ses 7 prises par match en carrière) et un vrai impact défensif. C’est d’ailleurs un aspect relativement sous-coté de son jeu, comme KD, que l’on a vu faire des saisons magnifiques en la matière avec les Warriors. Si on n’aime pas l’appellation “Female KD” déjà évoquée plus haut, on peut reconnaître une certaine pertinence au petit montage posté par le Sun.

S’il faut retenir quelque chose de cette comparaison qui a par ailleurs flatté Jonquel Jones, c’est ce qu’elle signifie pour elle, son employeur et ses adversaires : qu’elle est devenue un phénomène et l’une des joueuses les plus fortes de la planète.

Kevin Durant est un cauchemar ambulant pour les coachs qui doivent trouver le moyen de le freiner. “JJ” s’inscrit aussi dans cette définition. Elle est trop grande pour être surveillée par des “petites”, et trop mobile et meurtrière au shoot pour être gênée par des “grandes” au profil traditionnel. Avant ce break des JO, elle tournait à 21 points, 11 rebonds et 3 passes à 54% (dont 43.7% à 3 points), sans que l’on ait le sentiment qu’une équipe ou une joueuse en particulier aient été proches de la perturber.

Dans cette saison qui semble pouvoir faire d’elle une MVP pour la première fois de sa carrière, on espère que la n°35 du Sun réussira à faire triompher la vérité. Jonquel Jones n’est pas la “Female Kevin Durant”. Jonquel Jones est la “Female Jonquel Jones”. Une joueuse de basket unique en son genre et que l’on prend un plaisir fou à voir jouer. D’ailleurs, ils finissent quand ces Jeux Olympiques ? Il s’agirait de ne pas nous priver trop longtemps des matchs de Connecticut et sa “Bahamian Beast”…

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