Petit guide de la Free Agency : 4. les gros poissons sur le marché

Avec la nouvelle année qui commence, le monde de la balle orange au féminin se tourne petit à petit vers la saison à venir. Et si le premier coup de semonce a été donné avec la loterie de la draft récemment qui a vu le premier choix être attribué au Fever d’Indiana , ce sont maintenant les choses sérieuses qui débutent avec l’arrivée prochaine de la Free Agency : la période des signatures des nouveaux contrats et de constitution des équipes pour la saison à venir.

Pour vous accompagner et vous préparer à cette période essentielle de préparation de la saison prochaine, nous vous avons concocté un petit guide. Si vous ne l’avez pas encore lu, la partie 1 de ce guide rappelait les bases du fonctionnement des contrats en WNBA pour bien en comprendre les rouages, la partie 2 s’intéressait à la situation des équipes de la Conférence Est, la partie 3 à la Conférence Ouest. Terminons en passant en revue les principales recrues sur le marché et leurs destinations potentielles.

Emma Meesseman

Emma Meesseman - Eurobasket 2021
© fiba.basketball

Commençons par la coqueluche de tout un pays. J’ai nommé, Emma Meesseman. Après de nombreuses années à faire le bonheur des fans de Washington, Emma a posé ses bagages du côté de Chicago pour une première année somme tout plus que réussie avec le Sky, même si l’équipe n’a pu aller au bout. Au niveau individuel, Emma reste Emma et continue à maitriser son sujet, tout en technique et polyvalence. Au niveau collectif, l’association avec Candace Parker aura mis quelques matchs à se concrétiser mais Emma fait partie de ses joueuses qui peuvent se greffer à n’importe quel collectif.

C’est pour cette raison qu’elle risque d’être courtisée par bon nombre d’équipes au sein de la ligue. Aura-t-elle pour autant envie de partir ? Rien n’est moins sûr. Avec la présence de Julie Allemand à ses côtés et, a priori, d’Ann Wauters toujours sur le banc, Emma a là un environnement idéal et ne bougera pas sans une bonne raison. On ne voit pas pourquoi, de l’autre côté, Chicago ne ferait pas les efforts pour la garder. En toute vraisemblance, on ne voit donc pas Emma quitter Chicago. Un autre scénario reste cependant possible. Avec l’Eurobasket en ligne de mire cet été, Emma pourrait choisir de faire un pas de côté pour mettre l’accent sur l’équipe nationale comme elle l’a parfois fait par le passé. Affaire à suivre donc…

Breanna Stewart

Breanna Stewart WNBA

Lorsque la meilleure joueuse au monde est libre sur le marché, cela éveille fatalement les convoitises. Qui refuserait d’avoir Breanna Stewart dans son effectif ? Dans les faits toutefois, plusieurs éléments sont à prendre en compte. En premier lieu, Stewie a-t-elle l’envie de voir si l’herbe est plus verte ailleurs qu’à Emerald City ? Au Storm, elle a les clés de la franchise, d’autant plus avec le départ à la retraite de Sue Bird. Elle forme avec Jewell Loyd, prolongée l’année dernière, un duo parfaitement complémentaire qui a déjà gagné deux titres alors que ni l’une ni l’autre n’ont atteint les 30 ans. Enfin, point à ne pas sous-estimer, le Storm est la seule équipe en mesure de lui offrir le supermax pour récompenser sa fidélité. Une différence d’environ 30.000 $ par rapport aux autres équipes de la ligue à ne pas sous-estimer évidemment. De son côté, le Storm a une grille de salaire pratiquement vide et donc tout l’espace pour pouvoir signer Stewie, qui sera, a n’ne pas douter, leur priorité numéro 1.

La question est donc de savoir si une franchise pourrait avoir des arguments suffisants pour s’attirer les bonnes grâces de l’ailière de génie. L’année passée, des rumeurs avaient fait l’état d’un souhait de Stewie d’aller voir du côté de New York. Outre un projet sportif intéressant (même si moins porteur à l’instant T que Seattle), Breanna et sa petite famille se voyaient peut-être bien habiter la grosse pomme d’un point de vue privé, un aspect que nous avons parfois tendance à oublier depuis notre point de vue d’observateur. Ce n’étaient toutefois que des rumeurs et qui, de plus, se heurtent à la réalité financière. En l’état, le Liberty ne semble pas disposer de la marge suffisante pour pouvoir signer Stewie, à moins d’un chamboulement d’ampleur de l’effectif. Tout est toujours possible lorsqu’on parle d’une joueuse de ce calibre mais pour toutes ces raisons, on planche plutôt sur une Stewie toujours à Seattle la saison prochaine.

Brionna Jones

Même si son nom est peut-être un tout petit peu moins ronflant, Brionna Jones sera, à n’en pas douter, la joueuse la plus sollicitée sur le marché cette intersaison. Réglons d’emblée le premier scénario. Sauf trade permettant de libérer de la place dans la grille des salaires, Connecticut n’aura pas la flexibilité pour la resigner. Brionna se trouve en position idéale pour signer son premier gros contrat et elle aura tort de ne pas en profiter. Si Connecticut souhaite absolument la garder et met en place en trade, les options ne semblent pas évidentes. Le contrat de DeWanna Bonner, bien qu’expirant, pèse lourd pour une joueuse qui n’est plus si jeune. Pareil pour Jasmine Thomas qui a sans doute vu sa cote baisser avec sa blessure récente. Reste Jonquel Jones et Alyssa Thomas. Alyssa Thomas est le coeur de cette équipe et Jonquel en a été la MVP il y a un peu plus d’un an. Difficile donc d’imaginer le Sun se résoudre à de telles extrémités, sauf en cas de contrepartie vraiment excellente.

Brionna semble donc se diriger vers un départ. Reste à essayer d’imaginer la destination. Dans l’absolu, il y a peu d’équipes qui pourraient la refuser mais certaines options paraissent plus probables. On pense à Los Angeles en premier lieu. Les Sparks disposent de la place pour la signer et on désormais pour nouveau coach Curt Miller… qui était encore son coach à Connecticut la saison dernière. Si l’on rajoute à celà que le fit avec Nneka semble plus que complémentaire, le scénario tient plus que la route. Atlanta pourrait également tenter sa chance pour obtenir un nom crédible pour valider sa reconstruction et essayer par la suite d’attirer d’autres noms. Elles ont en tout cas la place pour proposer un beau salaire à Brionna. Seattle reste également une possibilité en cas de départ de Breanna Stewart. Sur le papier, Brionna pourrait également faire les beaux jours de franchises comme Minnesota ou Las Vegas mais dans ce cas l’incompatibilité sera très probablement financière.

Candace Parker

Candace Parker Chicago Sky

Mettons tout de suite les choses à plat. A ce stade de sa carrière, il y a peu de chances que Candace souhaite tester une nouvelle franchise et quitte Chicago. Vu la fin de son aventure à Los Angeles, un retour en Californie nous parait également peu probable. Il y a donc fort à parier que Candace soit toujours dans un jersey du Sky pour cette saison à venir. D’autant plus qu’on imagine mal James Wade ne pas accepter de lui donner ce qu’elle demande. Malgré ses bientôt 37 ans, CP3 reste, visons large, une des 10 meilleures joueuses de la planète.

Une dernière possibilité subsiste toutefois. Candace ne fait pas mystère qu’elle envisage de plus en plus de raccrocher les sneakers pour profiter enfin de sa famille et a encore laissé planer le doute pour cette saison. Si le Front Office arrive encore à regrouper une équipe compétitive cette année, elle pourrait être tentée de continuer encore l’aventure un an. Si toutefois le projet semble patiner ou que la lassitude se ferait trop sentir, ce pourrait être la fin de Candace sur un terrain de basket.

Courtney Vandersloot (et Allie Quigley)

Car outre Candace, et Emma mentionnée un peu plus haut, la compétitivité de Chicago dépend aussi de leur capacité à prolonger Courtney Vandersloot, la maestro de l’équipe depuis maintenant 12 ans. Les négociations de l’année dernière entre la franchise et la meneuse n’ont pas été de tout repos et les tensions, clairement exprimées alors, peuvent avoir laissé des traces. Cela s’est-il apaisé avec le temps ? Possible. L’avenir nous le dira. Dans le cas d’un départ, Seattle semble être la destination toute trouvée. Les départs à la retraite de Sue Bird et Briann January ont laissé ce poste complètement vierge. Une arrivée de Sloot représenterait une aubaine pour le Storm.

Reste également la question d’Aliie Quigley, son épouse et coéquipière de backcourt. Depuis plusieurs année désormais, toutes deux se sont toujours arrangées pour faire coïncider leurs contrats et ainsi pouvoir rester ensemble. Une contrainte qui peut ne pas toujours arranger les négociations. Allie, bien que toujours impactante de par sa capacité à espacer le terrain, n’est plus toute jeune et tout dépendra donc du tarif auquel les équipes seront prêtes à la signer. A moins qu’elle ne décide de tirer sa révérence comme certaines personnes semble le penser. Mais elle semble avoir encore dans le moteur de quoi nous régaler un petit peu.

Azura Stevens

Nous venons de le voir, les chantiers ne manquent pas à Chicago. Dans le cas où James Wade arrive à resigner les stars de l’équipe citées précédemment, il y a fort à parier qu’Azura Stevens sera celle qui en fera les frais. A désormais 26 ans, elle entre dans le pic de sa carrière et a l’occasion d’essayer de signer un gros contrat. Joueuse de devoir, très intéressante défensivement, elle devrait être sollicitée par d’autres franchises. On pense à Atlanta, qui cherchera des joueuses solides pour son effectif et a le cap pour lui proposer un beau chèque. Los Angeles sera dans la même situation. Minnesota pourrait avoir envie de ses services mais devra faire plus attention à ses finances. Reste une dernière possibilité. Un scénario catastrophe pour le Sky dans lequel Sloot, Candace et Emma serait absentes cette année. Cela laisserait le champ libre à Azura pour être prolongée à Chicago, probablement à un bon prix.

Nneka Ogwumike

Voilà un cas qui devrait être simple à régler. Depuis le départ de Candace Parker, Nneka est la franchise player de Los Angeles et les Sparks le lui rendent bien. L’année dernière, Nneka a évolué peut-être au meilleur niveau depuis le début de sa carrière. Sans le manque de résultat collectif des Sparks, elle aurait été, à n’en pas douter, dans la course au MVP. Sauf surprise, la resignature de Nneka au supermax devrait être une formalité dès le début de la Free Agency.

Teaira McCowan

Teaira McCowan Dallas Wings WNBA

Après des débuts timides au Fever, Teaira McCowan a trouvé un nouveau souffle à Dallas sous la houlette de Vickie Johnson, avec qui elle a montré tout le potentiel de domination qui est le sien. Lors de sa draft, on imaginait bien Teaira pouvoir faire jouer sa taille et son gabarit. Désormais, ces promesses sont devenues réalités. Teaira devrait être sollicitée cette année mais elle a le statut de restricted (voir partie 1 de ce dossier). Dallas garde donc la main en ayant la possibilité de s’aligner sur les offres que recevraient T-Mc. Au vu de ce que nous venons de dire, Dallas aurait tort de ne pas vouloir mettre le prix. L’intérieure à donc de fortes chances de repartir avec un contrat au max ou approchant.

Brittney Griner

Après près de 300 jours cauchemardesque en Russie, Brittney Griner semble plus que jamais déterminée à revenir sur les parquets, pour notre plus grand plaisir. Si cette dernière est en état physique et mental de jouer, et on part du principe qu’elle mettra tout en oeuvre pour que ce soit le cas, Brittney reste une joueuse majeure de cette ligue. Elle devrait donc en toute logique être signée au contrat max par son ancienne franchise et rester en Arizona. Dans le cas d’une visite médicale ou de tests qui présenteraient des zones d’ombres, on pourrait imaginer une négociation sur le prix mais, vu l’historique, cela pourrait être mal perçu. Dans tous les cas, Griner à Phoenix semble être un done deal.

Tina Charles

Tina Charles

Que voilà une joueuse qui nous aura impressionné par sa force de caractère lorsqu’elle était esseulée à New York dans un contexte plus que médiocre. A l’inverse, depuis son départ, à Washington d’abord mais surtout l’année dernière à Phoenix puis à Seattle, elle nous frustre. Tina est désormais en mission pour aller chercher une bague en fin de carrière et est prête pour ça à tout. Après une arrivée à Phoenix qui ne se sera pas passée comme prévu (absence de Brittney Griner oblige), elle a forcé son départ pour Seattle ou elle s’est retrouvée à gratter les minutes en sortie de banc comme une role player lambda. Triste lorsqu’on sait que la saison précédente, avec Washington, elle avait évolué à rien de moins qu’un niveau MVP.

Difficile donc de prédire sa prochaine destination. A priori là où elle estimera avoir la meilleure chance d’obtenir un titre, peu importe le salaire et les conditions. Seattle, Las Vegas, Chicago, les paris sont ouverts.

Diana Taurasi

Mettons les choses au clair directement. Il est inconcevable que Diana Taurasi porte un autre maillot que celui de Phoenix l’année prochaine. Cela serait blasphématoire. Diana semble vouloir prolonger son plaisir en WNBA encore cette année et il n’y a pas de raison de penser qu’elle puisse le faire ailleurs qu’au Mercury. Le montant de son contrat sera toutefois intéressant à observer. Si Diana demande le max, et connaissant l’animal ce serait tout à fait plausible voire probable, la franchise pourra difficilement le lui refuser. Elle est le visage de cette franchise depuis presque 20 ans. Mais à désormais 40 ans, Diana vaut-elle encore un contrat max ? Nous sommes au regret de dire que non. Si elle représente toujours, même si avec moins de régularité, une arme offensive capable d’enflammer le cercle de loin, son jeu est devenu plus unidimensionnel. Quant à sa défense, elle est passée avec le temps de moyenne à absente. Dans l’idéal, Diana accepterait un salaire rabaissé pour permettre à son équipe d’avoir la marge pour construire un effectif capable d’aller au titre. Mais nous doutons de cette possibilité.

Marina Mabrey

Pour terminer en douceur, intéressons-nous à Marina Mabrey, la jeune extérieure des Dallas Wings. Ces deux dernières années, elle aura éclaboussé la ligue de sa capacité à prendre feu de manière incontrolable. Avec Arike à ses côtés, elles ont des allures de splash sisters et ont même été surnommées ensemble Marike. Leur complicité, qu’elles ont construit déjà depuis leur ancienne fac de Notre Dame, représente le moteur offensif de Dallas. La franchise aurait donc tort de vouloir s’en séparer. Dans le 5 ou sur le banc, depuis le poste 1 jusqu’au 3, Marina est une joueuse pratique pour n’importe quel coach. Au vu de ses coup d’éclats récurrents, elle devrait être sollicitée mais, comme Teaira McCowan un peu plus tôt, elle a le statut de restricted. Dallas aura donc la main, et les finances, pour la conserver.

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