Petit guide de la Free Agency : 3. la situation équipe par équipe de la Conférence Ouest

Avec la nouvelle année qui commence, le monde de la balle orange au féminin se tourne petit à petit vers la saison à venir. Et si le premier coup de semonce a été donné avec la loterie de la draft récemment qui a vu le premier choix être attribué aux Washington Mystics, ce sont maintenant les choses sérieuses qui débutent avec l’arrivée prochaine de la Free Agency : la période des signatures des nouveaux contrats et de constitution des équipes pour la saison à venir.

Pour vous accompagner et vous préparer à cette période essentielle de préparation de la saison prochaine, nous vous avons concocté un petit guide. Si vous ne l’avez pas encore lu, la partie 1 de ce guide rappelait les bases du fonctionnement des contrats en WNBA pour bien en comprendre les rouages, la partie 2 s’intéressait à la situation des équipes de la Conférence Est.

Les différents tableaux et chiffres de cet article sont issus principalement du site anglophone Her Hoop Stats, véritable mine d’informations pour tous ceux qui s’intéressent aux contrats en WNBA.

Dallas Wings

Source : Her Hoop Stats
  • Nombre de joueuses sous contrat : 13
  • Salaires : 1.363.828 $
  • Cap Space : 15.372 $

Point positif : Dallas possède d’ores et déjà un effectif complet qui tient dans sa masse salariale. Point négatif : on peut sans doute discuter du fait qu’il s’agit d’un des 2 ou 3 effectifs les plus faibles de toute la ligue. Arike a démontré depuis son arrivée la bête de compétition et de sang froid qu’elle était. Satou Sabally fait face à quelques petits problèmes de régularité mais montre, dans ses beaux jours, qu’elle a l’étoffe d’une star également. Et Marina Mabrey aura été la révélation de l’année. Autour cependant, c’est beaucoup plus compliqué. On imagine donc la franchise faire un peu le ménage pour tenter d’attirer de beaux poissons dans ses filets. Contrats non garantis coupés ou transferts, Dallas n’a pas le choix, il faut bouger.

La majorité des gros salaires reste actuellement dans les mains de joueuses plus moyennes mais toujours intéressantes pour l’effectif. Certains de ces contrats finissent à la fin de cette année. Ils représentent donc une monnaie d’échange intéressante sur le marché des transferts ou en tout cas ne devraient pas peser sur la flexibilité de l’équipe pour l’année prochaine. Et c’est tant mieux car la franchise aura alors à gérer les prolongations d’Arike et Marina Mabrey avant Satou l’été suivant. Des joueuses qui, à n’en pas douter, ne resteront pas au même tarif qu’actuellement. Une situation qu’il conviendra de garder en tête lorsque la franchise tentera d’être active sur le marché. On les imagine principalement tenter d’amener de la présence à l’intérieur. Charli Collier est sans doute un peu juste pour être titulaire dans une équipe qui gagne, et mériterait de toute façon d’être entourée pour bien progresser. Quant à Awak Kuier, on se demande encore pourquoi la franchise l’a draftée pour la faire jouer si peu. Mis à part le pivot, la mène représente probablement un axe de progression pour l’équipe. Dallas ne refusera de toute façon l’apport de talent sur aucun de ses postes. Il est temps pour Arike d’obtenir le supporting cast à hauteur de son talent individuel, sous peine de la voir avoir des envies d’ailleurs lors d’échéances contractuelles désormais plus si lointaines.

Las Vegas Aces

Source : Her Hoop Stats
  • Nombre de joueuses sous contrat : 5
  • Salaires : 654.232 $
  • Cap Space : 724.968 $

De gros noms à re-signer en prévision du côté de Vegas. Liz Cambage et Angel McCoughtry méritent toutes deux un contrat max mais la franchise aura-t-elle les moyens de leur offrir ? Le cas A’ja Wilson, lui, devrait être facilement réglé. Déjà en cours de saison dernière, il semble que la franchise et la joueuse soient d’accord pour prolonger leur collaboration. Nous n’avons pas encore le montant exact qui sera signé mais nous pouvons supputer un contrat max ou approchant pour l’ex MVP, cela semble logique. Si l’on fait désormais les comptes, A’ja + Liz + Angel = 3 contrats max, ce qui ne laisse plus assez d’argent pour compléter un effectif de 11 joueuses (le minimum) en le complétant de contrats minimum. Il est donc à supposer que la franchise devra soit faire un choix, soit proposer aux joueuses d’accepter de baisser un peu leur salaire. L’accepteront-elles ? En tout état de cause, quelles seront leurs envies à l’égard de la franchise. On sait Angel désireuse d’aller chercher le titre qui manque à sa fabuleuse carrière. Cette envie sera-t-elle suffisante pour lui faire accepter un contrat “au rabais” ? A-t-elle, comme certaines rumeurs voudraient le laisser entendre, des envies de retour du côté d’Atlanta ? Qu’en est-il de Liz Cambage ? On sait d’expérience qu’elle n’a pas toujours fait de la WNBA sa priorité. Qu’en sera-t-il cette année ? De la décision de l’une ou de l’autre dépendra peut-être les choix à venir de Becky Hammon.

Car c’est le deuxième point qu’il faut aborder. Vegas a un nouveau shérif en ville et il, ou plutôt elle, s’appelle Becky. L’ancienne de la maison reprend les rênes sportives dans son ensemble puisqu’elle se voit attribuer les postes de Head Coach et General Manager. Un changement qui pourrait avoir son importance car Becky semble avoir son avis personnel sur le jeu à prôner. En conférence de presse, elle a annoncé vouloir s’appuyer d’avantage sur le tir à 3 points, un domaine pour lequel l’effectif n’était que moyennement adapté jusque là. Ce revirement pourrait avoir une influence sur les cibles prioritaires à viser pour cette intersaison.

Los Angeles Sparks

Source : Her Hoop Stats
  • Nombre de joueuses sous contrat : 9
  • Salaires : 1.221.783 $
  • Cap Space : 157.417 $

Difficile de dire quelles seront les cibles de Los Angeles et comment la franchise a décidé de mener son intersaison. Sur le papier l’effectif semble équilibré et dispose tout de même d’un talent certain, à deux conditions : que Nneka Ogwumike et Kristi Toliver retrouvent leur lustre d’antan, ce qui n’a pas été le cas cette année. Dans ces circonstances, l’équipe pourrait donc se contenter de compléter l’effectif par de petites touches et voir venir la Free Agency 2023 où l’intégralité de l’équipe sera à reconstruire.

Il existe cependant un univers dans lequel Derek Fisher et l’ensemble du management ne sont pas satisfaits des résultats récents et souhaiteraient donc du changement. Dans ce cas, la marge de manœuvre semble limitée. En l’état, la franchise n’a la possibilité que de signer 2 contrats à peine plus haut que le minimum et finir son effectif à 11 joueuses. Il lui faudra donc passer par la case trade pour espérer récupérer un peu de marge financière et attaquer plus lourdement sur le marché.

Dans les joueuses en fin de contrat, Te’a Cooper représentera probablement une cible pour la franchise, tant pour son apport sportif que pour son impact marketing. Attention toutefois à ne pas la survendre. En effet, même s’il s’agit d’une joueuse intéressante, son apport sportif n’est pas en adéquation avec sa cote de popularité. Un subtil dosage sera donc à trouver contractuellement pour ne pas peser trop lourd dans la balance. Nia Coffey, très intéressante la saison passée pourrait intéresser les Sparks tout autant que d’autres équipes avec plus de marge. Lauren Cox, quant à elle, aura enfin pu s’exprimer à LA et vient de recevoir une qualifying offer. On espère ne pas voir son expérience en WNBA se compliquer d’avantage avec un énième déménagement.

Minnesota Lynx

Source : Her Hoop Stats
  • Nombre de joueuses sous contrat : 8
  • Salaires : 947.002 $
  • Cap Space : 432.198 $

A la lecture de la liste des contrats ci-dessus, une cible principale saute aux yeux du côté du Minnesota, Sylvia Fowles. L’intérieure de 36 ans, double championne avec Minny, double MVP des Finales et MVP de la régulière en 2017, a montré que l’âge n’avait pas de prise sur elle. Débarrassée des problèmes de blessure qui avaient miné sa saison 2020, Sylvia a montré en 2021 un niveau toujours au top et représenté un facteur de stabilité pour son équipe. Désormais en fin de contrat, l’avenir de Sylvia est assez flou. Retraite, départ, prolongation, le cas Sylvia est loin d’être le plus automatique parmi les Free Agents de renom. De sa décision découlera beaucoup de choses, c’est une évidence. Un départ de Sylvia obligerait la franchise à se montrer plus agressive sur de gros profils équivalents pour combler un manque certain. En tout état de cause, la franchise dispose d’une flexibilité correcte pour travailler.

Un autre axe de progression se situe à la mène. Crystal Dangerfield a montré de belles choses en année rookie et a d’ailleurs été bien complétée par Layshia Clarendon lors de la saison écoulée. Cheryl Reeve prévoira-t-elle de re-signer Layshia ou de s’intéresser à un autre prospect pour compléter son backcourt ? Parmi les autres noms en fin de contrat, la franchise s’est penchée sur le cas de Bridget Carleton, qui a connu une belle progression récemment, et vient de lui proposer une offre de prolongation d’un an. Enfin, reste le sujet Maya Moore. Une portion de la fan base de Minny espère toujours secrètement voir cette dernière faire son grand retour, même si celui-ci semble de plus en plus hypothétique à mesure que les années passent. Quant à nous, fans européens, nul doute qu’un retour de Cecilia Zandalasini en WNBA ne serait pas pour nous déplaire.

Phoenix Mercury

Source : Her Hoop Stats
  • Nombre de joueuses sous contrat : 7
  • Salaires : 1.132.262 $
  • Cap Space : 246.938 $

Peut-être avons-nous là l’équipe avec le moins de marge financière de toute la ligue pour cette Free Agency. C’est bien simple. A l’heure actuelle, Phoenix a pour seule option de signer 4 contrats minimum (et minimum rookie, pas minimum veteran) pour compléter un roster minimum de 11 joueuses. Difficile dans ces conditions d’imaginer l’équipe prolonger avec un montant correct Sophie Cunningham ou Kia Nurse. On peut donc imaginer la franchise bouger pour récupérer un peu de flexibilité. Mais aux dépens de qui cela aura-t-il lieu ? Brittney Griner, qui avait déjà été dans les rumeurs de transfert la saison passée ? Difficile de l’imaginer vu son regain de forme et son entente sportive avec Skylar Diggins-Smith. Bria Hartley pourrait-elle faire les frais de ce portefeuille plus que serré ? Ce serait injuste au vu de ce que cette dernière nous avait montré juste avant sa blessure. Et de toute façon, qui peut savoir où en est sa cote au sein de la ligue, à ce salaire là et en sortie de rupture des ligaments du genou ? Reste la possibilité de bricoler sur une base qui aura été jusqu’en Finales WNBA la saison dernière. Bref, de gros choix à faire du côté de l’Arizona. Notons enfin que le changement de coach à venir pourrait également rebattre les cartes.

Seattle Storm

Source : Her Hoop Stats
  • Nombre de joueuses sous contrat : 5
  • Salaires : 392.964 $
  • Cap Space : 986.236 $

Quand on voit la ligne “Cap Space”, la plus importante de toute la ligue, on se dit que Seattle aura tout l’argent disponible pour réaliser ses envies. Quand on regarde la liste des joueuses à re-signer, on se dit néanmoins que cet argent ne sera pas de trop. Sue Bird, Breanna Stewart, Jewell Loyd, trois joueuses qui méritent le max ou approchant. Restera alors de l’espace pour signer 3 ou 4 plus petits contrats. Parmi eux, le cas Jordin Canada pose question. Il est clair que la franchise compte sur elle pour prendre la relève de Sue et qu’elle a montré à plusieurs occasions qu’elle avait les épaules pour. Mais à combien cela peut-il s’évaluer ? Quelles sont les envies de Jordin ?

Concernant les 3 “big names” évoqués, analysons les un par un. Si certains envisageaient avec tristesse de voir Sue prendre sa retraite, qu’ils se rassurent. Sue a d’ores et déjà annoncé qu’elle reviendrait cette saison. La meneuse à la longévité incroyable avait déjà manifesté par le passé l’envie de pouvoir jouer dans la nouvelle salle que la franchise devrait inaugurer cette saison. C’est dont maintenant confirmé. L’année passée a montré que sportivement Tata Suzanne était tout sauf un boulet. Une année supplémentaire de Sue ? Chez Swish Swish, on prend la nouvelle avec bonheur. Le cas Stewie semble lui assurer un “done deal”. Qui imagine Breanna Stewart signer ailleurs que dans la franchise qui l’a vue gagner déjà 2 titres dans sa jeune carrière et a fait d’elle sa pierre angulaire pour continuer la tradition d’excellence ? Enfin, le cas Jewell semble lui moins évident. Déjà auréolée de 2 titres, quelles sont désormais les envies de Jewell ? Continuer comme numéro 2 de Stewie et former un duo d’une dangerosité incroyable ou bien tenter d’écrire sa propre histoire ailleurs ? Tout le monde s’accorde à dire que la Gold Mamba a le talent d’une franchise player. Reste à savoir si elle en a l’étoffe. Voudra-t-elle le prouver et se le prouver à elle même ? Réponse dans les semaines à venir.

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