Washington c’est déjà fort, Machida c’est déjà séduisant

Washington Mystics 89-76 Las Vegas

Avant de dire tout le bien que je pense du début de saison des Mystics, victorieuses des Aces la nuit dernière pour présenter ce matin un bilan immaculé de 3-0, je voulais m’arrêter un peu sur le cas Rui Machida. En regardant ce qui était seulement son troisième match aux Etats-Unis, un petit “oops, I did it again” m’a traversé l’esprit. Encore une fois, je suis en train de m’enflammer pour une joueuse de manière un peu prématurée, sans certitude qu’elle soit en mesure de confirmer à plus long terme. Machida n’en est pas moins une rookie spéciale dont les premiers pas méritent d’être évoqués.

Je n’irai pas jusqu’à dire que les débuts de Rui Machida en WNBA me font penser à ceux de Julie Allemand. Mais, en termes d’enthousiasme à l’idée de la voir jouer, il y a un petit quelque chose de cet ordre-là… La Belge a été discrètement phénoménale dans la Wubble en 2020 – j’en avais assez parlé à cette époque en lui déclarant ma flamme (basketballistique, pas Carolo) et j’ai hâte de voir comment elle s’exprimera à Chicago – mais Julie était déjà un peu plus familière du style de jeu pratiqué en WNBA, où elle a retrouvé des joueuses côtoyées ou affrontées en Europe. Le challenge tenté par la Japonaise, dont on pourrait croire la taille (1,62 m) disqualifiante à ce niveau, est autrement plus complexe.

On ne va pas se déguiser en Valérie Garnier et jouer les étonnés sur les différences saisissantes entre le basket asiatique et celui pratiqué en Europe ou aux Etats-Unis, mais le fait est que Machida n’a jamais joué hors du Japon. Elle a bâti sa réputation sur les récentes compétitions internationales, où elle a incarné le style effréné et spectaculaire des Nippones. Il y avait une vraie question autour de son adaptation, surtout sur les premières rencontres. Ce que l’on voit depuis trois matchs avec Washington, notamment la nuit dernière contre Las Vegas, est plus que rassurant sur cet aspect-là.

C’est simple, la première image qui est apparue sur mon écran lorsque j’ai déclenché le League Pass la nuit dernière, c’est Rui Machida en train de driver à la vitesse de la lumière sous les yeux de la défense des Aces, pour finir sur un lay-up. Après un bref frisson lié au stress post-traumatique des Jeux Olympiques et aux gifles insolentes infligées par le Japon, j’ai pu savourer le spectacle. Machida a très bien orchestré le jeu, l’a fluidifié et a même commencé à prendre un peu plus confiance en ses talents de finisseuse. Il y a encore quelques séquences où la sensation des JO de Tokyo va trop vite pour son propre bien ou pour la compréhension de ses partenaires, mais on sent que cette première titularisation, provoquée par le test positif de Tasha Cloud au Covid-19, a été accueillie avec une certaine sérénité.

Pas besoin de parler la langue pour le moment – un interprète est présent dans le staff et Myisha Hines-Allen, qui a été sa coéquipière dans une autre vie, joue les chaperonnes – l’intelligence et l’envie de s’intégrer sont des qualités que la meneuse de 29 ans maîtrise déjà. La rookie a inscrit 9 points (à 50%) et donné 4 passes décisives en perdant un seul ballon en quasiment 30 minutes. Le boxscore ne traduit en revanche pas le nombre de séquences qu’elle a initiées ou sur lesquelles elle a effectué la passe pour créer un décalage ou casser une ligne, à défaut d’être la dernière avant le panier.

Défensivement, c’est bien sûr parfois compliqué sur les drives adverses contre des adversaires plus puissantes auxquelles elle rend au moins 10 centimètres, ou sur les écrans en bois brut que l’on retrouve en WNBA, mais la volonté de faire les efforts est là et on peut supposer que Mike Thibault trouvera le moyen de “cacher” celle dont il a publiquement salué les premiers pas dans la capitale fédérale. Quelque chose me dit en tout cas que ce n’est que le début et que l’ajout de Machida à cette équipe déjà bien construite aura son importance cette saison…

Revenons en aux Mystics, qui ont réussi un joli coup en disposant des Aces, impressionnantes lors de leur deux premières sorties. Après un démarrage un peu cauchemardesque (26-13 à la fin du 1er QT, +13 pour les Aces à la mi-temps), Washington est passé en mode muraille en défense, pour ne concéder que 27 points en deuxième mi-temps), tout en pratiquant un jeu altruiste et efficace. Elena Delle Donne (19 points, 7 rebonds, 2 passes et 2 contres) n’est pas encore à 100% après quasiment deux saisons blanches, mais ce qu’elle apporte déjà par sa seule présence sur le terrain, son talent et son QI basket est gigantesque.

Sans Tasha Cloud, ni Elizabeth Williams et Alysha Clark, les Mystics ont tout de même réussi à faire déjouer la bande à Becky Hammon en s’appuyant aussi sur Myisha Hines-Allen, qui n’est pas restée à Washington pour se reposer sur ses lauriers. L’ancienne joueuse du BLMA a compilé 15 points, 8 rebonds, 8 passes, 3 interceptions et 2 contres, tout en peaufinant son entente avec “EDD”. En face, c’est comme s’il y avait eu une coupure de courant. Ni A’ja Wilson (10 pts, 11 rbds, 4 blks), ni le trio Jackie Young (19 pts), Kelsey Plum (18 pts), Dearica Hamby (14 pts), n’a pu vraiment aider les Aces à retrouver leurs esprits. Becky Hammon ne va pas jeter tout ce qui a été bon depuis la reprise à cause de cette défaite, mais elle sait désormais qu’elle aura quand même un peu de travail pour rester dans la bonne tranche du classement.

Indiana Fever – Minnesota Lynx : 82-76

Dans l’autre match de la nuit, Minnesota a confirmé ses difficultés du début de saison avec une troisième défaite en trois matchs. C’est Indiana qui est allé surprendre les Lynx, toujours privées de Kayla McBride et Damiris Dantas, avec une Angel McCoughtry encore trop juste pour disposer d’un temps de jeu décent. Sylvia Fowles a beau faire des chantiers (26 pts, 14 rbds, 4 stls, 2 blks), la mayonnaise n’a pas encore pris cette saison. Les choses devraient logiquement revenir à peu près à la normale d’ici quelques semaines, mais le plateau est relevé cette année en WNBA pour les places en playoffs et mieux vaut tout de même ne pas trop traîner au démarrage.

Pour Indiana, tout va bien mieux que prévu. Le deuxième quart-temps du Fever, remporté sur un écrasant 36-18 et la bonne gestion de la fin de match, incarnée par le scoring de Crystal Dangerfield, visiblement revancharde, ont suffi pour célébrer le deuxième succès de la saison. Kelsey Mitchell (26 pts), quand elle choisit mieux ses spots et ne force pas, reste l’une des attaquantes les plus tranchantes de WNBA. On l’a de nouveau vu la nuit dernière.

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